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 sociologie:docilité des primipares

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bea
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MessageSujet: sociologie:docilité des primipares   Jeu 25 Déc 2008 - 21:43

thèse de Magical Child est que le potentiel humain se situe largement au delà de ce qui est couramment admis et que certaines pratiques culturelles sont à l'origine de notre affaiblissement collectif. Pearce affirme qu'une de ces pratiques dommageables est la médicalisation de l'accouchement, conçu pour contrecarrer virtuellement toutes les étapes que la nature a planifiées, depuis trois millions d'années, pour accomplir le miracle de la naissance.

Pearce décrit avec une minutie consternante le drame de la "cascade d'effets" de l'obstétrique moderne, où toute intervention en entraîne une autre: comment les analgésiques ralentissent les mouvements synchronisés par lesquels l'enfant est expulsé de l'utérus, prolongeant le temps d'expulsion et le transformant en torture; comment le ralentissement du travail augmente la peur chez la mère; comment la peur chez la mère amène ses muscles utérins inférieurs à se resserrer, stoppant ainsi le travail et causant une douleur intense parce que les muscles supérieurs continuent à se contracter; comment l'augmentation de la douleur de la mère justifie une augmentation de la médicalisation (chaque dose traversant la barrière placentaire pour atteindre l'enfant en moins de 45 secondes) détruisant ainsi l'échange hormonal subtil entre la mère et son enfant; comment l'enfant drogué est incapable d'envoyer le signal hormonal "je suis prêt" à sa mère, excluant donc la possibilité d'un accouchement vaginal; comment la convalescence de la mère, après une césarienne ainsi "justifiée", l'empêche de créer un lien affectif avec le nouveau-né au moment critique suivant la naissance; comment cet enfant fortement drogué est incapable d'interagir avec son entourage et d'engager un apprentissage primaire; comment l'absence d'attachement (ce que Pearce nomme "un endroit sécuritaire où se camper") affecte l'enfant pour le reste de sa vie; comment la dépression post-partum est un résultat direct d'un mauvais usage de la technologie.





D'ailleurs, j'insère à ce propos également un petit texte d'un de mes amis, sage-femme de son état, à propos de cette notion d'iatrogénie :


QUOTE
Lorsqu'on constate un "probleme" (et le ralentissement cardiaque foetal est frequent en fin d'accouchement), il est toujours interessant de "remonter" un peu dans le temps pour constater que bon nombre de pratiques sont relativement dangereuses - pas a priori, mais dans ces consequences (le ralentissement en est un) -.
A "jouer" trop avec les instruments de surveillance, on constatera toujours un probleme ou l'autre (l'usage systematique du monitoring cardiaque foetal en phase dite d'expulsion est une maniere non pas de
detecter des decelerations, mais de justifier les interventions musclees suivantes ... mais a la base il s'agit principalement d'une tentative de calmer les angoisses du/de la praticienNE ;-(] ).
C'est la premiere raison de l'utilisation des instruments d'extraction (justifiant des episiotomies aux largeurs et profondeurs inimaginables) provoquant souvent des traumatismes neonatals (justifiant le sejour plus ou moins prolonge en service neonatal et donc separation mere-enfant et donc problemes d'allaitement, problemes d'attachement, avec de nombreuses sequelles relationnelles, d'image de soi, ....
Et avec un joli syndrome de Stockholm a la cle : "heureusement que Machin etait la : il m' /nous a sauve la vie ..." (l'histoire du pompier incendiaire ...)





Pour en revenir à Doubleday, il décrit également de manière très intéressante le cercle vicieux insécurité-peur-douleur-intervention.


QUOTE
La raison principale de la douleur dans un accouchement normal est [...] le syndrome peur-tension-douleur. [...] Notre organisme nous fournit de puissants instincts durant l'accouchement. Le premier est le besoin de se sentir en sécurité et protégé. Tous les mammifères cherchent instinctivement un endroit sombre, retiré, et le plus important, sécuritaire, pour accoucher. Durant l'accouchement, les mammifères semblent dormir et ferment les yeux pour tromper des prédateurs potentiels. Ils respirent normalement, et certains (qui ne transpirent pas) peuvent haleter pour se refroidir. Les humains pourraient atteindre plus facilement un stade de relaxation en fermant les yeux et en faisant des respirations abdominales. Cette relaxation ralentit aussi les ondes du cerveau de la femme accouchante dans ce qu'on appelle un état alpha, état dans lequel il est virtuellement impossible de relâcher de l'adrénaline, l'hormone de la peur. Le besoin de confort physique devient critique, comme celui d'avoir un "nid" prêt pour le bébé. L'environnement hospitalier provoque souvent de nombreuses intrusions non-intentionnelles dans l'atmosphère de la naissance en imposant un éclairage excessif, beaucoup de monde, du bruit, des examens, et des machines suscitant la peur.

Comment au juste la peur de la mère peut-elle susciter de la douleur? Griffin explique:

Le muscle utérin est admirablement conçu pour négocier efficacement avec le danger, la peur et le stress durant le travail. L'utérus est le seul muscle du corps qui contient en lui-même deux groupes de muscles opposés -- un qui induit et poursuit le travail, et l'autre qui stoppe le travail si la mère est en danger ou effrayée. Le stress émotionnel ou physique signalera automatiquement le danger à un mammifère accouchant. Son travail ralentira ou s'arrêtera complètement pour qu'elle puisse s'enfuir en sécurité. En nos temps modernes, ça se détraque. Nous ne pouvons fuir nos peurs -- qui peuvent inclure les "histoires d'horreur" de nos amies à propos de leurs accouchements -- ni nous enfuir de notre hôpital ni loin de notre médecin. Alors, il y aura un relâchement d'adrénaline qui causera la contraction des muscles circulaires courts dans le tiers inférieur de l'utérus. Ces muscles sont responsables de l'arrêt du travail en fermant et en serrant le col. Le résultat sera que nous "mijotons" littéralement dans l'adrénaline. En même temps que les fibres musculaires longues et droites se contractent pour effacer et dilater le col, les fibres courtes et circulaires du bas de l'utérus se contractent aussi pour fermer le col et "combattent" le travail. Le résultat? La très réelle douleur de deux muscles très puissants tirant dans des directions opposées chaque fois que la femme accouchante a une contraction.

Ayant établi un lien direct entre la peur et la douleur, Griffin conclut:

En apprenant la relaxation profonde au niveau mental, physique et émotionnel; en confrontant activement nos peurs liées à l'accouchement et en choisissant un environnement de naissance dans lequel elle se sent protégée et en sécurité, la femme accouchante n'aura pas à expérimenter la douleur traumatique du syndrome "peur-tension-douleur".

Suzanne Arms, une figure bien connue dans le mouvement d'accouchement naturel, écrit dans Immaculate Deception II: Myth, Magic and Birth (1994):

La télévison, la presse et les histoires de naissances se focalisent sur le caractère dramatique et les dangers de la naissance... Peut-être que la chose la plus importante que quelqu'un puisse faire pour une femme sur le point d'accoucher est de l'aider à se défaire de ses idées préconçues et à diminuer les peurs qu'elle a accumulées toute sa vie par rapport à l'accouchement.





Il est évident, et je peux en attester l'ayant expérimenté moi-même, que le stress, le psychologique ont une influence énorme sur le déroulement du travail d'accouchement.
La nature a prévu une chose chez les femmes mammifères qui accouchent : en cas de sensation de danger de la mère, le travail s'arrête pour permettre la fuite, et ne reprend que lorsque la femelle se sent à nouveau en sécurité.
De même, une femme qui se sent, même inconsciemment, en situation de stress, va influencer le travail de son utérus. L'hôpital, avec ses allées et venues incessantes, ses touchers vaginaux continuels, ses changements de personnel, sa lumière vive, son bruit, son manque d'humanité globale, sont autant de sources de stress pour une mère, surtout une primipare qui ne sait déjà pas à quoi s'attendre. Et dans ce climat, naturellement, une femme va voir du mal à lâcher prise et à laisser le travail se dérouler. D'où un conflit qui conduit, malheureusement très souvent, à des interventions instrumentales qui auraient pu être évitées dans de meilleures conditions.

Pour terminer ce soir, je ne résiste pas à l'envie de copier-coller une petite phrase célèbre du professeur Malinas, gynécologue-obstétricien, qu'il a eue en 1994 dans "le dauphiné libéré" :

QUOTE
"L'obstétrique traditionnelle consiste à surveiller un phénomène physiologique en se tenant prêt à intervenir à tous les instants. L'obstétrique moderne consiste à perturber le dit phénomène de telle sorte que l'intervention devienne indispensable à l'heure exacte où le personnel est disponible.
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bea
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MessageSujet: Re: sociologie:docilité des primipares   Ven 26 Déc 2008 - 0:29

voici un lien qui mène sur une réfléxio interressante au Canada
http://naitrecheznous.com/Proclamation/Proclamation.pdf
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Béré27
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MessageSujet: Re: sociologie:docilité des primipares   Ven 26 Déc 2008 - 1:43

[/quote]Le stress émotionnel ou physique signalera automatiquement le danger à un mammifère accouchant. Son travail ralentira ou s'arrêtera complètement pour qu'elle puisse s'enfuir en sécurité

Voilà qui explique parfaitement ma mauvaise expérience, pourquoi mon col est revenu à 8 lors de mon transfert et la grande difficulté à s'ouvrir de nouveau une fois à la mater, à grand renfort de synto.


[/quote] En même temps que les fibres musculaires longues et droites se contractent pour effacer et dilater le col, les fibres courtes et circulaires du bas de l'utérus se contractent aussi pour fermer le col et "combattent" le travail. Le résultat? La très réelle douleur de deux muscles très puissants tirant dans des directions opposées chaque fois que la femme accouchante a une contraction.

Et voilà d'où vient la souffrance ressentie: le synto qui force le col à s'ouvrir et la peur qui le force à se fermer.
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MessageSujet: Re: sociologie:docilité des primipares   Ven 26 Déc 2008 - 16:16

Vraiment très bien ces informations ! A travers les explications de l'instinctif chez la femme mammifère, je retrouve complètement les idées que je me fais d'un accouchement : c'est quelque chose d'instinctif, de naturel, d'originel. Notre corps est conçu pour et la médecine actuelle combat cela.
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bea
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MessageSujet: Re: sociologie:docilité des primipares   Ven 26 Déc 2008 - 19:05

cela s'appelle le pouvoir, l'absence de consentement éclairé, le gain de temps et d'argent.
La naissance est une affaire de tunes.... une entreprise dont nous sommes les objets.
C'est dans son intérêt que l'on pârfume une poupée Corolle..... Cela lui donnne une image de marque.
Le brésil et la Mauritanie scratch atteignent 80% de césariennes.
Le luxe à la vanille du produit zér jocolor pale pale o défaut, programmé quand il se doit, par un pro de la chirurgie....auquel les femmes disent "merci docteur"
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annem
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MessageSujet: Re: sociologie:docilité des primipares   Ven 26 Déc 2008 - 20:47

bea a écrit:

Le brésil et la Mauritanie scratch atteignent 80% de césariennes.

pour la mauritanie, je ne sais pas mais pour le brésil se greffe sur la naissance un truc complétement culturel lié à l'apparence. la grossesse déforme et la naissance endommage. c'est une vision très antropomorphique des choses mais aussi très particulière à ce pays due à ses habitudes de chirurgie esthétiques...
je lirai le reste plus tard à tête reposée.
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